Phil ayant essayé de faire une
séance de "burn" à St Junien en Septembre 2007 lors de Légend'Air,
l’embrayage à bouchon de ma Ténor est bon à refaire...
Grâce à lui, je vais vous montrer
comment on refait un embrayage rapidement. Je n’ai volontairement
pas utilisé de matériel sophistiqué, pour que l’opération soit
accessible à tous…

Il faut tout d’abord vidanger le
moteur (trappe ovale sous le volant magnétique) mais pas le
réservoir d’huile ! Et démonter, comme sur la photo ci-dessus, les
repose-pieds, échappement, pédales de kick, de frein et de
sélecteur. Il faut enlever le carter de volant, qui est fixé par une
vis et un écrou côté gauche, et une des vis du carter
d’embrayage du côté droit ! C’est celle qui est la plus
haute, en arrière du cylindre. Vous ne pouvez pas la confondre, elle
mesure 18 cm de long. Les vis du carter d’embrayage ne sont pas
toutes de la même longueur. En partant de la plus longue, et dans le
sens des aiguilles d’une montre, voici, en mm, les longueurs que
j’ai trouvé : 180, 80, 50, 50, 120, 120, 120, 120, 50, 40, 40, 40,
40, 110. Il y a une rondelle cuivre sous chaque tête de vis. Une des
vis à proximité de l’axe de sélecteur débouche dans la boite, et
l’huile de boite s’écoule par le trou : remettre une vis. On
décroche le câble d’embrayage, on démonte le levier sans toucher aux
tuyaux (Leur filetage est très fragile, et leur réparation assez
fastidieuse : mieux vaut les laisser en place), et on retire le
carter. L’embrayage est alors accessible !
La butée à billes est juste posée,
on l’enlève. Dessous un écrou, qui selon le modèle sera à 6 pas ou à
créneaux, mais toujours en pas à gauche, c’est-à-dire
qu’il faut le tourner dans le sens des aiguilles d’une montre
pour le dévisser ! On tient le moteur immobile par le volant de
l’autre côté, si vous n’avez pas de clé à sangle, un serre-joint de
menuisier peut faire l’affaire.

On glisse deux tournevis fins sur
le plateau de pression, et on dévisse l’écrou. Pas de clé à
créneau ? Une pince à clips, à la rigueur une bonne pince étau, fait
l’affaire. Le marteau burin aussi, mais uniquement si vous voulez
voiler votre vilo, et casser l’extrémité filetée de celui-ci, en
acier traité et très fragile…

L’écrou enlevé, le plateau vient
sans problème : l’usure des disques fait que le ressort n’est pas
comprimé ! On verra que le remontage est plus musclé…

…Et on sort le tout !

Les disques garnis sont identiques,
pas les lisses : Celui du fond est plus épais.

Il n’y a par contre pas de sens de
montage. On nettoie un minimum au chiffon le plus gros des scories
de bouchon brûlé, on nettoie les disques et on les débarrasse des
restes de liège, et le plus gros du travail commence : la
fabrication des lièges ! On peut bien sur en acheter des tout fait
dans le commerce, mais, selon le fournisseur, la qualité est trop
inégale ! Voir les liens sur www.terrot.org.
Moi, je préfère les faire dans des
bouchons ! Cette moto étant immatriculée 33, il convient de ne pas
prendre n’importe quels bouchons…

Bon, pour les puristes de la
marque, il paraît que dans la région où sont fabriquées les TerroT,
des gens auraient obtenu une piquette pas trop désagréable au goût !
Ce doit être vrai, puisque c’est un vigneron bordelais qui me l’a
dit… D’où que proviennent les bouchons, il faut les couper en
tranches de 7 mm d’épaisseur environ, pas plus ! Et leur donner la
forme des trous dans les disques. Emporte-pièce pour les ronds,
cutter pour les trapèzes… Inutile de chercher une précision absolue,
il faut que ça rentre en forçant un peu, mais comme pour
l’épaisseur, pas besoin de travailler avec un pied à coulisse ! Une
fois en place et écrasés par le ressort, ils seront droits et plats
de toute manière !

Le remontage : On enfile le
ressort, la noix d’embrayage (le moyeu cannelé) et le disque lisse
le plus épais, et on le cale avec deux tournevis, exemple :

Puis on visse l’écrou à créneau à
fond, sans bloquer, juste pour comprimer le ressort. Ensuite, on
monte un disque garni, un disque lisse fin, un autre disque garni.
C’est là que ça se complique : il faut passer deux tournevis devant
le disque, dans les boutonnières de la cloche, pour maintenir le
ressort comprimé, lorsqu’on va enlever l’écrou central ! Soyez
prudent, cette partie est dangereuse pour les doigts et les yeux…

On enlève l’écrou, on place le
dernier disque lisse et le plateau de pression, et on remet
l’écrou : l’embrayage est remonté ! N’oubliez pas de reposer la
butée, et si votre joint papier est abîmé, j’ai expliqué dans un
autre post comment en fabriquer un sans s’emm…nuyer !

Un mot sur la rondelle frein de
l’écrou crénelé: Personnellement, je ne la remets pas. Elle est
taillée dans un feuillard tellement tendre, qu’elle s’écrase, et
paradoxalement, c’est elle, en battant, qui perd de l’épaisseur et
desserre l’écrou… Alors qu’un écrou serré sur le plateau de
pression, lui, ne bouge pas ! Pas non plus de frein filet, il faut
pouvoir enlever l’écrou sans forcer sur ce filetage réputé fragile…
Juste un serrage correct.
Remontage des carters, et autres…
Il faudra re-régler l’embrayage : Pensez a dévisser complètement le
tendeur de gaine au guidon, puisque au fur et à mesure de l’usure de
l’embrayage, il faudra le visser pour rétablir la garde normale. Ne
roulez jamais sans garde à l’embrayage, il grille très rapidement !
Lorsque tout est remonté, mettez en route, vérifiez les niveaux
d’huile moteur et boite, et faites quelques kilomètres pour essayer
l’embrayage. Au retour, vidangez le moteur et le réservoir d’huile,
et nettoyez les tamis filtrants : Toutes les particules de liège
sont là ! C’est pour ça que je vous ai dit de ne pas vidanger le
réservoir, plus haut ! Pas de panique pour la pompe à huile : les
particules de liège qui peuvent arriver à passer au travers sont si
malléables, qu’elles ne peuvent pas faire de dégâts. Des
renseignements supplémentaires ? n’hésitez pas à me contacter sur le
forum de www.terrot.org.
Bonnes balades…
Mickie